Tri des déchets : la motivation écologique des Français s’essouffle, selon le baromètre IFOP–Sepur 2026
À l’approche des élections municipales, la troisième édition du baromètre « Les Français et leurs poubelles », réalisé par l’IFOP pour Sepur, met en lumière une évolution des comportements et des attentes en matière de gestion des déchets. Si le tri reste bien installé dans les habitudes, la motivation écologique recule légèrement et de nouveaux défis émergent, notamment autour des vêtements et des biodéchets.

Une motivation écologique en léger recul
Le tri des déchets demeure largement pratiqué, mais il semble aujourd’hui moins porté par la conviction d’un impact positif sur l’environnement. En 2025, 76 % des Français estimaient que leur tri contribuait réellement à la protection de l’environnement ; ils ne sont plus que 74 % à le penser aujourd’hui.
Les seniors restent toutefois plus convaincus : parmi les 65 ans et plus, 81 % déclarent être motivés par l’impact écologique du tri.
Concernant l’obligation de tri des biodéchets, la perception reste stable : 63 % des Français considèrent toujours cette mesure comme une opportunité pour l’écologie.
Le casse-tête du tri des vêtements
L’étude révèle aussi une confusion croissante autour du tri des textiles usagés. Lorsque les Français hésitent sur la bonne poubelle, cela concerne désormais les vêtements dans près d’un tiers des cas, une progression notable par rapport à l’an dernier.
Un tiers des répondants estime par ailleurs manquer de solutions pour trier certains déchets, et près d’un cas sur deux concerne les vêtements. Cette difficulté est particulièrement marquée en région parisienne et chez les jeunes adultes, publics fortement exposés au phénomène de la fast fashion.
Des citoyens satisfaits mais demandeurs d’informations
Malgré ces difficultés, la gestion des déchets est globalement bien perçue : 84 % des Français se déclarent satisfaits du service assuré par leur commune.
Ils expriment toutefois un besoin accru d’information. Plus des trois quarts des habitants souhaitent être mieux informés sur la gestion des déchets et sur les équipements ou services mis en place par leur collectivité.
Les citoyens veulent donc comprendre les politiques locales, sans nécessairement s’impliquer davantage dans leur mise en œuvre.
Le tri des biodéchets progresse lentement
Deux ans après l’entrée en vigueur de l’obligation de tri des biodéchets, 42 % des Français déclarent ne pas encore trier ces déchets, soit une légère hausse par rapport à l’an passé.
Les freins semblent cependant évoluer : les contraintes logistiques laissent progressivement place à des préoccupations liées aux nuisances, signe que la pratique commence à s’installer dans les habitudes.
Une redevance incitative encore controversée
La mise en place d’une redevance incitative, qui ajuste la facture des déchets en fonction des volumes produits, reste majoritairement rejetée par les Français. Toutefois, les jeunes générations se montrent plus favorables à ce dispositif, illustrant une évolution possible des mentalités.
Un enjeu clé pour les collectivités
Cette nouvelle édition du baromètre confirme que la gestion des déchets demeure un enjeu central pour les collectivités locales. Si les citoyens sont globalement satisfaits, ils attendent davantage de pédagogie et d’accompagnement face aux nouveaux défis du tri, notamment liés aux biodéchets et aux textiles.
La transition vers des pratiques plus durables dépendra donc autant des infrastructures que de la qualité de l’information délivrée aux habitants.